Les différentes qualités de ginseng

Il existe différentes qualités de ginseng, allant des plus médiocres aux rarissimes ginsengs sauvages.

Le ginseng sauvage a pratiquement disparu de Chine et de Corée à la suite d’une cueillette forcenée. La meilleure qualité de ginseng, à un prix encore abordable en Europe et en Amérique, est aujourd’hui la variété dite « semi-sauvage », produite dans le cadre d’une agriculture raisonnée.

Ce mode de culture préserve l’essentiel des qualités du ginseng sauvage, contrairement à certains ginsengs cultivés de façon extensive, n’hésitant pas à recourir à de nombreux produits phytosanitaires, dommageables à long terme tant pour l’environnement que pour l’organisme humain qui les ingère.

Depuis des siècles, certaines coopératives agricoles coréennes sont réputées pour leurs récoltes de ginseng. Il en est ainsi de la célèbre Gaesung Insam Cooperative Association qui, depuis le XVIIIᵉ siècle, produit son renommé ginseng rouge selon des savoir-faire ancestraux. Ses extraits de ginseng rouge sont réputés dans le monde entier.

Le critère du taux de ginsénosides

Les ginsénosides sont les principaux principes actifs bénéfiques du ginseng. Leur teneur s’exprime en milligrammes (mg) par gramme (g) de matière sèche.

Ainsi, ce qui fait la valeur du ginseng est avant tout sa concentration en ginsénosides. Lorsque cette teneur n’est pas précisée ou qu’elle est inférieure à 15 mg par gramme, il s’agit d’un ginseng bas de gamme dont il est préférable de se détourner.

Un autre critère essentiel est l’âge de la racine au moment de la récolte. La norme traditionnelle minimale est de 5 ans. Il convient également de se méfier des ginsengs médiocres cultivés de manière intensive, à grand renfort d’engrais et de produits chimiques, et généralement récoltés dès l’âge de 3 ans.

Cela explique leur faible teneur en ginsénosides et leur prix attractif, compte tenu de leurs faibles concentrations en substances actives. Ainsi, il n’est pas toujours recommandé de consommer les ginsengs en poudre, les gélules ou comprimés sans indication claire du taux de ginsénosides, pas plus que la plupart des produits simplement aromatisés au ginseng (thés, vins, etc.) ou dont la provenance est mal identifiée.

Quel ginseng rouge ?

Le ginseng rouge est généralement fabriqué à partir de racines âgées de 6 ans. En effet, la durée du procédé de fabrication et son coût exigent de disposer, in fine, d’une matière première de grande qualité.

Le ginseng de culture semi-sauvage, cultivé en lisière de forêt, dans des conditions idéales et sur des terrains sélectionnés pour la richesse de leur sol, est parfaitement adapté à l’obtention d’un ginseng rouge à haute valeur ajoutée.

Ainsi, le ginseng rouge proposé est un ginseng rouge semi-sauvage, qui tire ses qualités supérieures non pas de la couleur de la racine dont il est issu, mais de son mode de culture dans un habitat naturel, sans adjonction de produits chimiques ni d’engrais de synthèse (uniquement des engrais organiques).

Sans qu’il soit nécessaire de s’étendre sur les mérites comparatifs des ginsengs de différentes provenances, il faut savoir que même les Chinois reconnaissent la qualité du ginseng de Corée. Cela s’explique par le fait que le gouvernement coréen surveille très attentivement les qualités des ginsengs produits sur son territoire, afin de ne pas compromettre la réputation de son plus célèbre produit d’exportation.

Le ginseng cultivé de manière intensive est principalement exporté vers l’Europe et l’Amérique, tandis que les populations asiatiques consomment majoritairement la variété semi-sauvage. Cette préférence est loin d’être anodine.

Les principes actifs de la racine de ginseng, appelés « ginsénosides », sont en effet présents en quantités très faibles (moins de 15 mg/g) dans les ginsengs cultivés intensivement et récoltés précocement, souvent dès 3 ans, au lieu des 5 années minimales exigées par la culture traditionnelle.

À l’inverse, les ginsengs semi-sauvages présentent des teneurs d’au moins 35 mg/g. C’est pour cette raison que Chinois et Coréens privilégient pour leur usage personnel ces ginsengs à forte concentration en ginsénosides.

Le ginseng semi-sauvage

Il est évident que le meilleur des ginsengs reste le ginseng sauvage. Toutefois, celui-ci est introuvable sur les marchés occidentaux en raison de son extrême rareté. Les rares racines sauvages disponibles se négocient de gré à gré, tant en Chine qu’en Corée. Seuls de très riches amateurs peuvent acquérir le vénéré « san-man » coréen, dont le prix peut atteindre jusqu’à 10 000 € la racine. Un récent reportage diffusé sur Arte s’en est fait l’écho.

Le meilleur ginseng aujourd’hui disponible en Europe et aux États-Unis, à un prix relativement abordable, est donc une variété semi-sauvage, cultivée selon les principes d’une agriculture raisonnée, et proposée sous forme de poudre ou d’extraits concentrés.

En Chine, cette variété semi-sauvage est appelée « kirin ». Elle pousse encore spontanément dans les jardins des anciens palais impériaux. C’est ce ginseng semi-sauvage que consommait le président Mao. Le kirin est cependant introuvable sur le marché, et l’on pense qu’il est réservé aux plus hauts dignitaires chinois.

En Corée, l’équivalent du kirin chinois est le précieux ginseng « tassel » semi-sauvage. Il est cultivé sur les anciens sites de cueillette du ginseng sauvage, sur les pentes humides des montagnes, à moins de 800 mètres d’altitude, dans les régions les plus reculées du pays.

Son mode de culture est particulièrement respectueux de l’environnement. À ce jour, les Coréens n’ont toutefois pas adopté de certification biologique officielle. La récolte des racines n’intervient pas avant 6 ans après les semailles.

Le ginseng tassel concentre ainsi l’ensemble des principes bénéfiques du ginseng. Son taux de ginsénosides est élevé, supérieur à 50 mg/g. Sa qualité est reconnue par un sceau officiel de l’État coréen : « Korean Office of Monopoly », garantissant l’authenticité du produit et protégeant contre les imitations de racines coréennes fréquemment exportées vers l’Europe et les États-Unis.

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